Sur l’étal de la poissonnerie ou dans un rayon marée de supermarché, trois sigles reviennent sans cesse : MSC, Pêche durable et Pavillon France. Ils sont souvent confondus, alors qu’ils ne mesurent pas du tout la même chose : l’un est un label de durabilité environnementale, l’autre un label public français, le troisième une simple garantie d’origine. Voici ce que chacun garantit vraiment, et ce qu’il ne garantit pas.
MSC : le label le plus répandu, mais le plus contesté
Créé en 1997 par le WWF et le groupe Unilever, le label MSC (Marine Stewardship Council) est aujourd’hui le plus visible des rayons français, avec environ 2 300 références labellisées sur le marché. Pour l’obtenir, une pêcherie doit atteindre un score minimal de 80/100 sur des critères portant sur l’état du stock de poissons, la qualité de la gestion de la pêcherie et la limitation de l’impact sur l’écosystème.
Le label n’interdit toutefois aucun engin de pêche, à l’exception du poison et des explosifs : chalutage de fond, dragage hydraulique ou dispositifs de concentration de poissons peuvent donc être certifiés. L’ONG BLOOM estimait en 2023 que 83 % des volumes certifiés MSC provenaient de pêcheries qu’elle qualifie de destructrices. Autre limite : le coût et la complexité de l’audit indépendant écartent de fait une partie des petites pêcheries artisanales, pourtant souvent plus respectueuses des ressources.
Pêche durable : le label public français, peu connu
Lancé en 2014 par FranceAgriMer, le label « Pêche durable » est le seul écolabel public français du secteur. Il a la particularité d’intégrer, en plus des critères environnementaux, une dimension sociale absente du cahier des charges MSC. Sa faiblesse : sa complexité freine son adoption par les professionnels, si bien qu’il reste très peu utilisé sur les étals, loin derrière le MSC en termes de visibilité.
Pavillon France : une origine, pas une durabilité
Porté par l’association France Filière Pêche, Pavillon France n’est pas un label de durabilité mais une marque d’origine. Elle garantit qu’un poisson a été pêché par un navire battant pavillon français, inscrit au fichier flotte de l’Union européenne, débarqué et transformé en France, avec traçabilité et respect des quotas. Utile pour soutenir la pêche française et connaître la fraîcheur du produit, ce logo ne dit en revanche rien de la méthode de pêche employée ni de l’état du stock exploité.
Ce qui distingue vraiment les trois logos
- MSC : durabilité environnementale internationale, très répandu, mais critiqué sur le fond.
- Pêche durable : label public français, environnemental et social, mais confidentiel.
- Pavillon France : origine et traçabilité françaises, aucune garantie de méthode de pêche durable.
Selon les données citées par l’Ifremer, seule la moitié environ des poissons pêchés en France et en Europe proviendrait aujourd’hui de stocks exploités de façon réellement durable. D’où l’intérêt de ne pas se fier à un seul logo, et de croiser l’espèce, la zone de pêche (mentionnée obligatoirement sur l’étiquette) et l’engin utilisé, souvent indiqué en petits caractères.
Pour aller plus loin sur les certifications alimentaires, notre article sur le label HVE et ce qu’il garantit vraiment détaille une autre méthode de décryptage, transposable à n’importe quel logo posé sur un produit. Notre guide de l’alimentation durable au quotidien replace ce choix du poisson dans une démarche plus large. Et pour comparer d’autres logos verts, notre comparatif des labels d’engagement des entreprises applique la même grille de lecture au monde du travail.
Questions fréquentes
Le label MSC garantit-il une pêche 100 % durable ?
Non. Il garantit le respect d’un cahier des charges précis (état du stock, gestion, impact écosystémique limité), mais n’interdit ni le chalutage de fond ni le dragage hydraulique, deux pratiques critiquées par plusieurs ONG environnementales.
Pavillon France est-il un gage d’écologie ?
Non, c’est une marque d’origine et de traçabilité : elle garantit qu’un poisson a été pêché par un navire français et débarqué en France, sans certifier la méthode de pêche employée.
Comment repérer un poisson pêché de façon vraiment durable ?
En croisant plusieurs informations obligatoires sur l’étiquette : l’espèce précise, la zone de pêche (FAO) et l’engin utilisé, en plus d’un éventuel label. Privilégier les espèces non menacées et les circuits courts limite aussi la pression sur les stocks les plus fragiles.
Sources
- Ifremer — Pêche : les labels sont-ils satisfaisants ?
- LINFODURABLE — Que signifie vraiment le label MSC ?
- Pavillon France — Qui sommes-nous
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
